
30ème Festival Django sur l'île au Berceau
Gipsy swing, flamenco, salsa : de grands musiciens se produisent au 30 e festival international de Samois jusqu'à dimanche, sur l'île où vécut Django Reinhardt.
Malgré ses trente bougies, le festival de jazz de Samois-sur-Seine reste sans nul doute le plus authentique et le plus original en France, malgré un budget réduit : 350 000 €. Il a accueilli 15 000 passionnés en 2008. Rien à voir avec les géants de Juan-les-Pins (Alpes-maritimes) ou de Marciac (Gers) où l'on privilégie un plateau de stars.
Samois, c'est un peu un mini-Printemps de Bourges, comme l'affirme Sébastien Vidal, programmateur du festival. « On essaye, depuis plusieurs années, de présenter des musiciens talentueux mais moins connus. Là, à partir d'aujourd'hui et pour quatre jours, ils seront quatre-vingt-dix à jouer sur cette île si romantique. » C'est là, sur l'île au Berceau, que vécut Django Reinhardt , le génial guitariste manouche.
Pour démarrer les festivités, ce soir (20 heures), une pointure : Diego El Cigala. C'est le crooner gitan du flamenco, en concert unique en France. Il présentera en avant-première son dernier album, « Dos Lagrimas ». Vendredi, on reviendra aux fondamentaux, avec une soirée baptisée Tziganologie, ou trois formations proposeront une vision différente de la musique de Django. Aux manettes, le violoniste Costel Nitescu, mais également une chanteuse virtuose, Norig, qui vous plongera dans un bain de notes tziganes. Puis, carte blanche au guitariste Romane, avec son invité de marque, Stochelo Rosenberg. Samedi, les organisateurs du festival vous réservent encore des surprises, comme le trio allemand Häns'che Weiss, un swing chaloupé avec le Django Brasil de l'accordéoniste Ludovic Beier, et le génial contrebassiste israélien Avishai Cohen.
Dimanche, la fête continue avec une star à ne manquer sous aucun prétexte, le chanteur colombien Yuri Buenaventura ; celui qui a osé reprendre le tube de Jacques Brel, « Ne me quitte pas », façon salsa. Là, il présente son cinquième album avec sept jeunes musiciens cubains. Ambiance garantie. « Cela fait deux ans que l'on cherche à le programmer. C'est une façon d'attirer un public différent et de maintenir l'intérêt du festival jusqu'à la dernière heure », confie Sébastien Vidal. Les afficionados de l'esprit manouche pourront écouter avant Yuri d'autres musiciens, comme le violoniste Martin Weiss.