Médecine chinoise et acupuncture
Cantonner la médecine chinoise aux 380 points d’acupuncture, voilà
bien une réduction occidentale.
Elle fait injure à une science multiforme qui triomphe depuis 2500
ans.
À l’Hôpital de la Tour, le Dr Hongguang Dong en est l’apôtre et le
praticien.
Formé à Pékin, il a rejoint l’Hôpital Cantonal de Genève en 1996.
L’efficacité de ses pratiques — dont l’acupuncture — y fut soumise à ce scepticisme scientifique qui ne s’avoue vaincu que par la
répétition statistique.
Premier terrain d’expérience et premier défi : la fécondation in vitro. Il fallait préparer les parents présomptifs à la procréation
assistée en augmentant “leurs chances”, c’est-à-dire leur fertilité. Il fallait aussi consolider leur santé, terme vague qui désigne
l’équilibre corporel entre substance (yin) et fonction (yang). Enfin, il fallait apaiser la jeune femme et estomper les douleurs
inhérentes à l’intervention — à la limite,
l’insensibiliser. Venu pour un stage de 3 mois, le
jeune médecin est resté 8 ans aux HUG avant de se
fixer à La Tour, preuves évidentes d’une
reconnaissance par ses pairs. Médecin à la double
formation traditionnelle et conventionnelle, il pratique
l’acupuncture à La Tour, mais continue de prôner
d’autres facettes de la médecine chinoise dans la
mesure où notre mode de vie peut les accueillir.
Médecine énergétique, elle recourt à une
pharmacopée extrêmement riche qui puise dans les
trois règnes : végétal, animal et minéral. Elle ajoute
des manipulations et massages tels que le “Tuina”,
technique complexe et précieuse, en particulier en
gynécologie et pédiatrie. Elle adjoint un régime
alimentaire et des exercices comme le Tai Chi Chuan
et le Qi Gong, tous deux fondés sur le Qi. Prononcez
“T’chi” et traduisez grosso modo par “énergie”.
Comment une aiguille plantée dans la main soulage-
t-elle un mal de dent ? Effet placebo ?
Mais alors, comment expliquer l’efficacité de
l’acupuncture en pédiatrie et médecine vétérinaire ? D’innombrables tests psychologiques n’ont pu établir de corrélation, par
exemple entre l’anesthésie par acupuncture (domaine particulièrement spectaculaire) et une haute suggestibilité du patient.
Alors, jugeons plutôt par les résultats.
« Nos deux médecines doivent s’harmoniser, dit le Dr Dong. Aucune n’est la meilleure. Quelles sont les causes d’une infertilité
féminine ou masculine ? Pour répondre et préciser, force m’est de recourir à la médecine conventionnelle. Pour les solutions
“anatomiques”, force m’est également de souscrire à la chirurgie, ainsi en cas d’obstruction tubaire. Cependant la stimulation et
l’assistance lors de la période difficile que représente une fécondation médicalement assistée, voilà mon domaine parmi d’autres.
L’acupuncture trouve sa pleine mesure dans de nombreux maux. Je citerai les troubles du cycle et la ménopause. 80 à 85% des
femmes qui refusent ou arrêtent une hormonothérapie y répondent fort bien. Continuons par les douleurs multiples, chroniques,
post-opératoires : de 55 à 85% de réactions favorables contre 30% avec un placebo.
Il est aujourd’hui prouvé que l’acupuncture sait stimuler la sécrétion d’endomorphines (analgésique naturel) par notre cerveau. Je
citerai encore ses effets sur les troubles psychosomatiques et le stress imputables à la vie moderne. Surtout ne croyez pas qu’une
science deux fois millénaire soit bloquée par la tradition. Des expériences permanentes l’élargissent. Parmi les domaines à l’étude :
la régénération des nerfs. »
Acupunture